Les élèves qui souhaitent rendre des devoirs dactylographiés peuvent consulter cette page, qui récapitule les principales règles à suivre pour présenter un document lisible et correctement composé.
De la cohérence avant toute chose
S’il faut commencer par un point, autant le préciser dès le début : quelle que soit votre connaissance de l’orthotypographie, vous pouvez déjà grandement améliorer la présentation générale de vos textes en suivant une marche cohérente et sans varier vos usages au sein d’un même document.
Ainsi, si vous avez écrit (correctement) « 5 °C » (« cinq degrés Celsius ») dans votre texte, n’écrivez pas plus loin « 5 ° C » ou « 5° C ». Si vous utilisez correctement les parenthèses (qui ne sont pas séparées de ce qu’elles entourent par une espace), faites en sorte que ce soit le cas dans tout le document : écrire « (entre parenthèses) » puis, plus loin « ( entre parenthèses) » et ailleurs « ( entre parenthèses ) », n’a pas plus de sens que de modifier au cours du texte l’orthographe d’un mot. De même, si votre traitement de texte a correctement remplacé l’apostrophe droite par une apostrophe courbe, veillez à ce que ce soit le cas partout, notamment si vous avez collé du texte provenant d’une autre source.
Du bon emploi des capitales et des majuscules
Différence entre capitales et majuscules
Une CAPITALE est une lettre de grand format dans les écritures qui en opposent deux (l’alphabet latin : aA, bB, cC, dD, eE, etc. ; l’alphabet grec : αΑ, βΒ, γΓ, δΔ, εΕ, etc. ; l’alphabet cyrillique : аА, бБ, вВ, гГ, дД, еЕ, etc. ; l’alphabet arménien : աԱ, բԱ, գԳ, դԴ, եԵ, etc.). Les lettres de petit format sont en bas-de-casse. En français, les capitales sont réservées à certains grands titres, aux inscriptions ou pour garantir la lisibilité de l’écriture manuscrite. Dans les usages actuels de la communication électronique, écrire en capitales revient à crier : « SORTEZ TOUS ! »
Une majuscule est un format particulier appliqué — en français 4 — à la 1re lettre de certains mots dans le respect de règles grammaticales variables selon les langues dotées d’un alphabet à deux casses (capitales et bas-de-casse ; on peut dire aussi « alphabet bicaméral » mais cet usage n’est pas très répandu). Les lettres qui ne sont pas en majuscules sont donc en minuscules. En français, un nom propre doit prendre une majuscule, qu’on représente le plus souvent par une lettre capitale : « Verlaine ».
Enfin, une
─ les siècles : « le
─ les numéros de sous-division d’une œuvre (comme les scènes d’une pièce de théâtre comprenant plusieurs actes ou les chapitre) : « acte III, scène
─ les noms propres des auteurs dans les bibliographies : « S
En conclusion, on ne confondra pas ces deux paires de termes (« capitale » « majuscule » et « bas-de-casse » « minuscule ») : le mot « MOT » est ici en capitale et il n’a pas de majuscule ; à l’inverse, il y a bien une majuscule au début du nom propre « ronsard », majuscule rendue ici par une lettre en bas-de-casse en couleur. Ainsi, il n’est pas rigoureux de demander qu’on écrive son nom en majuscules : tout au plus peut-on le faire en capitales (et dans la majorité des cas, c’est inutile).
Accentuation des capitales
Les capitales et les petites capitales doivent être accentuées 5. Aucun traité de typographie française, aucune grammaire ne fait autrement 6. On trouve des boutons pour À et É dans l’interface de rédaction de SPIP.
Emploi de la majuscule
La majuscule s’utilise selon des règles rigoureuses et non pour donner de l’emphase aux mots ou par coquetterie ; rappelons que français, latin, mathématiques, sciences ou géographie sont des noms communs, de même que « principale », « conseiller principal d’éducation » ou « professeur principal » voire « lundi », « mardi » ou « septembre » 7. Ainsi, on fera la différence entre « le français » (la langue française) et « le Français » (le citoyen français).
Puisque de nombreux adultes s’indignent qu’un élève écrive des noms propres sans majuscule, il faudrait que, de même, ils considèrent que mettre une majuscule sans raison est tout aussi faux, par souci de cohérence.
Titres
Les règles présidant à l’emploi des majuscules pour les titres sont complexes et peu cohérentes dans l’édition française. On peut suivre la marche préconisée par Jacques Drillon dans son Traité de la ponctuation française : on ne mettra la majuscule qu’au premier mot et aux éventuels noms propres. Ainsi : Le rouge et le noir. Reconnaissons que lorsque le titre est orthotypographié traditionnellement d’une manière qui s’est imposée, un doute est soulevé : Les fleurs du mal ou Les Fleurs du Mal (version traditionnelle) ?
Cette prise de position radicale fera sans doute hurler les puristes, lesquels sont cordialement invités à venir expliquer leurs règles alambiquées à des élèves de collège et de lycée en France, pour qui l’emploi de la majuscule aux noms propres ou après un point n’est pas forcément acquis.
Abréviations
Adjectifs ordinaux et degrés
Les ordinaux en -ème (deuxième, troisième, quatrième, etc.) s’abrègent avec un e en exposant, et c’est tout. Donc, on écrit 2e, 3e, 4e. De plus, on abrège première avec 1re et premier avec 1er.
L’interface de SPIP se charge de mettre les caractères voulus en exposant et corrige les erreurs générales du type 3ème, 1ère ou, pire, 3èmes 8.
Il est notable qu’en sciences et en mathématiques il convient d’être particulièrement rigoureux : « 3° C » ne peut que se lire « trois degré Celsius » et non « troisième C » 9.
L’écriture des degrés est quelque peu fantasque puisqu’on doit écrire « 56° » (« cinquante-six degrés ») mais « 56 °C » (« cinquante-six degrés Celsius ») ou « 56 °F » (« cinquante-six degrés Fahrenheit »). En effet, les symboles pour les degrés Celsius et Fahrenheit sont « °C » et « °F » et ils sont séparés du nombre par une espace. Il est bon aussi de se rappeler que le kelvin étant une valeur absolue 10, on ne doit pas écrire « 7 °K » mais « 7 K » (résolution de la 13e Conférence générale des poids et mesures de 1967) 11.
Autres abréviations trop souvent massacrées
Monsieur s’écrit M. et non Mr, abréviation dite anglaise, et et cetera s’abrège etc. 12, avec un seul point après, un seul point, pas deux, pas trois 13.
Tirets et trait d’union
Le trait d’union <-> ne doit pas être confondu avec les tirets (demi-cadratin : <–> ou cadratin : <—>). Le trait d’union relie deux mots (« porte-monnaie »), les tirets divisent. Ils servent : aux incises (comme des parenthèses), aux listes, aux didascalies (pour l’indication du nom des personnages). Le choix de la taille du tiret reste — le plus souvent — une affaire de goûts.
Le tiret n’est pas accessible directement au clavier. On l’obtient avec SPIP en tapant deux traits d’union à la suite --.
On peut configurer un traitement de texte pour remplacer les occurrences de -- par — au moyen de la fonction de remplacement ou correction automatique.
Italique et soulignement
Dans un document dactylographié, rien ne doit être souligné 14. Le soulignement manuscrit est rendu en dactylographie par l’italique ou le gras, selon les cas. L’italique sert :
- Aux titres d’œuvres (mais pas aux sous-parties : chapitres, extraits, poèmes d’un recueil, chansons d’un album, épisode d’une série, etc., se mettent entre guillemets 15) ;
- Aux mots autonymes (cités comme mots) ;
- Aux mots étrangers ;
- Parfois à la mise en relief.
Par exemple, on écrira :
- Sacrées sorcières de Roald Dahl ;
- Le mot vite est un adverbe ;
- Je suis complètement aware ;
- Le roi, pas le duc, d’Italie.
Dans des documents manuscrits, l’italique se remplace par le soulignement 16.
Enfin, dans un corps de texte déjà en italique (un chapeau, par exemple), ce qui est en italique s’écrit en romaine : « Le roman 1984 de George Orwell a été publié en 1948. »
Guillemets
Les guillemets doivent être tracés <« > et < »> et non <">. L’interface de rédaction propose un bouton (« Caractères spéciaux ») permettant d’encadrer les mots à guillemeter mais, surtout, corrige automatiquement les guillemets droits en guillemets typographiques.
Les traitements de texte peuvent être paramétrés pour insérer automatiquement les guillemets voulus par la langue de rédaction. Consulter le manuel d’aide de votre logiciel pour ce faire.
On guillemette ce que l’on cite, donc :
─ les dialogues, les propos rapportés ;
─ les extraits et citations d’œuvres (d’où le fait qu’on guillemette les titres de sous-parties, d’épisodes, de poèmes, etc.) ;
─ les exemples de grammaire ;
─ les significations de mots ou les traductions intégrées à du texte non cité ;
─ les termes que l’on utilise directement mais avec une certaine distance 17.
Corrélation de ce qui précède : un titre d’œuvre se met en italique (on remplace par le soulignement dans un texte manuscrit) et ses divisions se guillemettent. En aucun cas on ne devrait utiliser les deux mises en valeur conjointement.
D’autre part, des guillemets à l’intérieur de guillemets (une citation dans une citation, par exemple) demandent l’emploi de guillemets de second rang, <“> et <”>, accessibles eux aussi dans l’interface de rédaction de SPIP au moyen de l’insertion de caractères spéciaux 18 : « Il dit : “Bonjour !” ». Dans un traitement de texte, ces guillemets de second rang ne sont que rarement insérés automatiquement : il faut les entrer à la main, au moyen, par exemple, de l’insertion de caractères spéciaux.
Œ et oe
La lettre œ 19 se trace Œ en capitale. On écrit donc Œsophage ou Œdipe mais pas OEsophage, OEdipe ou encore moins Oesophage, Oedipe. Du reste, écrire soeur n’est pas non plus acceptable. Seule l’orthographe sœur est retenue par les dictionnaires.
Noter que la lettre œ et les deux lettres oe ne sont pas échangeables et ne se prononcent pas de la même façon : œ seul se lit /e/ (« é »), comme dans fœtus /fetys/ (« fé-tuss »), cœlacanthe /selakãt/ (« sé-la-cante »), œnologue /enɔlɔg/ (« é-no-log »), Œdipe /edip/ (« é-dip ») ou /œ/ (« eu ») quand il y a une voyelle après, comme dans bœuf /bœf/ (« beuf ») ou œil /œj/ (« euille »), alors que la suite de voyelles oe est prononcée en deux syllabes, soit /oe/ (« oé »), comme dans coexistant /kɔεgzistã/ (« co-è-gxis-tant »).
Espaces et signes typographiques
Certaines ponctuations sont ou non précédées d’espaces. L’interface de rédaction de SPIP se charge de cette mise en forme. Un traitement de texte devrait aussi s’en charger. Ces espaces sont dites 20 « insécables 21 » parce qu’elles empêchent les deux unités reliées par une telle espace d’être séparées l’une de l’autre par un retour à la ligne. Les traitements de texte permettent d’insérer des espaces insécables et gèrent eux-mêmes certains cas. Souvent, l’espace insécable est représentée à l’écran par un espace gris. Quelle que soit la ponctuation, elle est toujours séparée du mot suivant par une espace.
Règles générales à retenir (qui ne valent que pour le site du collège avec son système de typographie automatique ; dans d’autres systèmes de rédaction, il conviendra d’ajouter les espaces nécessaires) :
─ les ponctuations <,;:!?.> sont collées au mot qui précède et toujours séparées du mot qui suit 22 ; l’interface ajoute automatiquement les espaces insécables voulues avant ces ponctuations ;
─ l’apostrophe 23 se colle aux deux mots : « l’un » et non « l’ un » ou « l ’ un » ou autres combinaisons ;
─ les guillemets ouvrants se collent au mot qui suit et les fermants au mot qui précède, comme les parenthèses 24 ; l’interface ajoute automatiquement les espaces insécables voulues ;
─ l’apostrophe est courbe 25. Ce n’est jamais ' mais ’. L’interface de SPIP se charge de remplacer les apostrophes droites du clavier par l’apostrophe typographique et les traitements de texte peuvent être paramétrés pour faire de même ;
─ une simple liste se construit comme celle que vous lisez : chaque item de la liste se termine par un point-virgule, donc l’item suivant ne commence pas par une majuscule. Les items d’une sous-liste se terminent par une virgule, sauf le dernier, qui retourne au point-virgule.
Enfin, le point est dit absorber d’autres points éventuels. Par exemple, l’abréviation « etc. » en fin de phrase perdra son point pour que l’on obtienne « Des poires, des pommes, des cerises, etc. » et non « Des poires, des pommes, des cerises, etc.. ». Il absorbe aussi un tiret d’incise : on écrira donc « L’homme est un animal politique — nous dit Aristote. » et non « L’homme est un animal politique — nous dit Aristote —. » ; il vaut aussi mieux éviter de faire se succéder deux points séparés par des guillemets encadrant une citation ; on choisira de ne conserver que le point de la citation ou celui de la phrase introduisant la citation :
Il dit : « Au revoir, tout le monde. »ouIl dit : « Au revoir, tout le monde ».mais pasIl dit : « Au revoir, tout le monde. ».
Alinéas et alignement
Tout paragraphe devrait débuter par un alinéa, représenté la plupart du temps par un retrait visible depuis la marge. La présence d’alinéas est nécessaire pour la bonne compréhension d’un texte composé de paragraphes : les élèves sont tenus de les mettre quand ils rédigent. Dans un traitement de texte, l’alinéa ne devrait pas être composé d’une tabulation ou de plusieurs espaces : il faut régler le logiciel pour que chaque paragraphe soit automatiquement débuté par un alinéa. De sorte, tout retour à la ligne sera correctement décalé.
Quoi que l’on fasse, il est exclu d’utiliser une série d’espaces pour aligner du texte. Cela rend l’édition ultérieure compliquée et empêche de copier-coller le même texte ailleurs car les décalages occasionnés ne seront plus forcément valides (si l’on change la largeur de la zone de texte ou la taille de la police, par exemple). L’alignement se fait au moyen des commandes idoines du traitement de texte. Noter qu’il est d’autant plus inutile de répéter des espaces pour décaler des éléments dans une page web car les espaces répétées sont réduites à un seul espace visible.
Dans SPIP, il n’est pas évident de mettre des alinéas : on devra donc s’en passer, sauf si l’on sait utiliser les instructions de style CSS. Par exemple, les paragraphes de cet article sont indentés en plaçant tout le texte dans une div avec une instruction de style en ligne : <div style="text-indent:15pt">.
Polices de caractères
La règle d’or est qu’il convient de rester sobre dès lors qu’on ne compose pas un document festif. En d’autres termes, il est d’usage de n’employer que des polices lisibles, claires et courantes comme Times, Arial ou Helvetica et leurs variantes.
Contrairement à un usage très répandu et considéré particulièrement maladroit dans le monde de la typographie, la police Comic Sans MS n’est vraiment pas adaptée à des documents pédagogiques ou professionnels. C’est une police qui est connotée de manière enfantine. Du reste, on trouve de nombreux sites de professionnels ou d’amateurs de l’édition qui expliquent pourquoi il faut éviter d’employer cette police à tort et à travers (voire qu’il faudrait même la bannir). Comme son nom l’indique, elle sert à ce qui est « rigolo », mot qui semblerait déplacé dans un énoncé d’exercice (« écris un texte rigolo » ou « étudie le caractère rigolo du texte » sont des énoncés peu convaincants) 26.
N’oublions pas que les imprimeurs de la Renaissance puis des périodes postérieures, après avoir pour un temps tenté d’imiter l’écriture des manuscrits, se sont penchés scientifiquement et artistiquement sur la question de la lisibilité des caractères qu’ils fondaient. Actuellement encore, c’est un sujet d’actualité : une bonne police n’est ni belle ni agréable en soi. Elle l’est parce qu’elle permet une lecture aisée, parce que ses caractères s’enchaînent de manière fluide sans compromettre l’accès au texte. Pour un peu, on oserait même parler d’harmonie.
(Minuscule) bibliographie
Pour aller plus loin, on pourra consulter :
─ Orthotypographie, dictionnaire inachevé d’orthotypographie de Jean-Pierre
─ le Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale, aux presses de l’Imprimerie nationale ;
─ le Manuel de typographie française élémentaire d’Yves
─ la liste de diffusion « typo » ;
─ le Manuale typographicum.
Collège de la petite Camargue


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