Premier jour : voyage, place San Marco, Palais des doges
Dimanche soir : il est 21h18, nous sommes dans le car et nous venons de quitter l’aire de Lançon-de-Provence, où nous avons pris notre casse-croûte. Pour l’instant, tout se passe bien. Il faut aussi dire qu’il n’y a eu que peu d’événements notables.
Notre première nuit va bientôt se dérouler, dans le grand confort 1 hôtelier offert par le véhicule… Le lendemain matin, yeux bouffis et mines enfarinées, nous émergeons après qui deux heures, qui une demi-heure, qui six heures de sommeil, au choix. Après un rapide petit déjeuner, nous gagnons, au pas de course, l’embarcadère pour gagner en bateau Venise.
Nous attend une journée riche (très) et somme toute longue pour des touristes qui ont justement manqué de somme. La matinée a permis de présenter à grands traits les spécificités de la ville de Venise, bâtie sur des pilotis dissimulés sous l’architecture, et de donner aux enfants les points de repère nécessaires.
Notre premier vrai repas à Venise se passe dans un restaurant qui nous reçoit très honnêtement. Bien sûr, nous commençons par… des pâtes.
L’après-midi est fournie car nous visitons le Palais des doges, guidés par Philippe Trivellato. En plus de deux heures, il nous fait vivre ce qu’a été le parcours des ambassadeurs étrangers reçus par les chefs de la cité en leur palais puis nous plonge dans ses prisons (après une introduction à l’art de la « question » 2).
Après un petit temps libre, nous reprenons le bateau pour le Lido di Jesolo où nous trouvons notre hôtel. Repas et nuit dans un vrai lit sont les bienvenus.
Deuxième jour : basilique San Marco et musée Correr
La nuit a été aussi nécessaire que réparatrice. Une fois le petit déjeuner pris, direction le car, qui nous transporte à l’embarcadère pour le trajet trans-lagunaire habituel. À notre arrivée à Venise, nous quittons les sentiers plus touristiques pour un petit campo 3 afin que nous puissions continuer à comprendre l’urbanisme très spécifique de la cité, sa numérotation des maisons aux allures aléatoires, ses cheminées en entonnoir, ses puits qui n’en sont pas 4…
Nous retrouvons ensuite deux guides qui, en une heure, font découvrir aux enfants les merveilleuses mosaïques de la basilique San Marco, illuminées justement pendant le seul temps de la visite. Les guides nous expliquent comment lire ces récits en images de la Bible, qui ont longtemps permis au petit peuple d’apprendre le christianisme avant leur baptême.
À l’issue de cela et après la consommation de notre repas pique-nique, agrémenté d’un bout de pizza ou d’une spécialité vénitienne pour ceux qui ne se satisfont pas des seuls sandwichs fournis par l’hôtel, nous sommes reçus au musée Correr, toujours sur la place San Marco, pour une visite guidée de la Biblioteca Marciana. Pour atteindre les salles de la bibliothèque, nous en traversons d’autres peuplées de sphères armillaires, de loxocosmes, de mappemondes, d’armes exotiques prises aux Turcs et de reproductions de manuscrits médiévaux et de la Renaissance. Le joyau de cette bibliothèque est une mappemonde datant de 1459 faite d’un assemblage de plusieurs parchemins. C’est la première carte occidentale « complète » des trois continents connus de l’époque, compilation d’une multitude d’autres cartes qui n’en représentaient qu’une partie. Les pigments employés, surtout de l’or, du lapis lazuli et du nimium, en rehaussent l’éclat.
La fin de la journée à Venise a été laissée libre : les élèves ont donc pu choisir entre se promener à leur guise ou, pour les volontaires et plus courageux, suivre les enseignants vers le quartier du Rialto à travers venelles, ruelles étroitissimes, campi secrets et moins touristiques. La traversée du Grand Canal par traghetto, sorte de barque-taxi qui permet de franchir le canal, a fait naître quelques émotions fortes, de même que la découverte, au tournant d’une minuscule rue, du Bovolo, escalier en colimaçon d’une grande finesse (voir photo).
Bien que certaines visites aient été très techniques et parfois difficiles d’accès pour les élèves, ceux-ci se sont toujours montrés respectueux des guides et intéressés. L’équipe d’encadrement tient à faire savoir qu’elle apprécie le comportement exemplaire de l’ensemble des enfants et que tutto va bene.
Troisième jour : les îles de la Lagune
Voici notre troisième journée qui s’achève. Consacrée à trois îles de la lagune, elle aura été placée sous le signe de la détente. En effet, après deux jours assez épuisants, nous avons pris le temps de flâner, de parcourir doucement les lieux afin de les découvrir dans leur ambiance particulière, à la fois touristique et isolée 5, très différente de celle de Venise. Nous nous sommes déplacés dans le réseau complexe de canaux de la lagune au moyen d’un bateau privé, ce qui a garanti un peu plus d’intimité et nous a offert une perspective nouvelle, une autre vision de cet espace aquatique.
Notre première étape, Torcello, est une île quasiment vide : une dizaine de personnes y vivent encore ; elles sont moins nombreuses que les quelques touristes — surtout des groupes scolaires — qui s’y rendent. En effet, les lieux semblent étonnamment abandonnés. Torcello fut pourtant, entre le VIIe et le Xe siècle, un lieu très peuplé et très important, doté de son propre évêque ; la concurrence avec Venise et la malaria ont cependant progressivement fait partir les habitants. Ce sont les vestiges de ce passé glorieux que nous avons visités : un baptistère, un martyrium 6 et, surtout, une basilique, celle de Santa Maria Assunta, à l’intérieur de laquelle un splendide Jugement dernier en mosaïque a donné lieu à une lecture d’image. Dans la même basilique, les latinistes et hellénistes ont pu s’« amuser » à déchiffrer un document épigraphique datant de 639 rédigé en bas-latin, premier document à mentionner le nom de Venise.
Ensuite, c’est à Burano que nous nous sommes rendus, petite ville insulaire célèbre pour sa dentelle au « point en l’air », ses gâteaux secs 7 et les couleurs vives de ses maisons. Après une petite description des lieux, encore très vivants et populaires, nous nous sommes permis de flâner librement dans les rues calmes aux teintes si marquantes et de grignoter les sandwichs de l’hôtel, pour certains agrémentés de parts de pizzas locales. Ce fut un moment apaisant et très agréable.
La troisième île, Murano, est celle des verriers depuis plusieurs siècles. C’est dans un atelier que nous avons pu recevoir une démonstration de savoir-faire et d’habileté étonnants d’un maître verrier. Le reste de cette étape a elle aussi donné lieu à des parcours libres dans cette ville, dont l’église renferme une mosaïque d’or très proche de celles de San Marco et des pavements en tesselles byzantins.
De retour au Lido di Jesolo, nous nous sommes arrêtés dans une grande surface afin d’acheter quelques spécialités locales à des prix acceptables, que vous pourrez déguster dès notre retour.
Demain, nous retournerons à Venise pour une visite guidée donnée par un intervenant extérieur consacrée aux gondoles ainsi qu’une surprise que les élèves ne savent pas encore : un tour en gondole pour tous dans les petits canaux et sur le Grand canal… Parents qui nous lisez, ne vendez bien sûr pas la mèche à vos enfants !
Rappelez-vous aussi que c’est notre dernière nuit à l’hôtel : à l’issue de la journée de demain, qui s’achèvera par un repas au restaurant et un petit Venice by night 8, nous prendrons directement le car pour rentrer à Lansargues. Nous ne pourrons donc pas vous transmettre nos nouvelles.
Quatrième jour : « Voir les gondoles à Venise »
Ce récit du quatrième jour est écrit depuis notre retour.
Au matin, nous avons quitté définitivement l’hôtel, après avoir vérifié l’état général des chambres, empaqueté et étiqueté les achats de chacun — du fragile au non fragile — et réussi à faire entrer tout cela, valises comprises, dans les soutes du car. Le matin, nous avons traversé Venise du sud (de la Piazza San Marco) jusqu’au Nord, devant la Scuola San Marco 9, pour expliquer le rôle des scuole, associations laïques de la ville qui présidaient à la protection sociale et à l’éducation des enfants du quartier. De là, nous avons laissé les enfants se débrouiller pour retourner à notre point de rendez-vous habituel 10 : ils avaient pour ce faire leur connaissance de la ville ainsi que la carte de Venise qu’ils gardaient constamment sur eux (et, bien sûr, les innombrables panneaux qui indiquent en quasiment chaque endroit de la cité la direction de la Piazza San Marco). Les uns et les autres ont pu, au gré de leur errance, découvrir des lieux moins touristiques et de petits trésors cachés, comme l’église Santa Maria Dei Miracoli.
De nouveaux réunis, nous avons rencontré un guide de la ville qui nous a fait découvrir des aspects méconnus de la cité à travers un long itinéraire (qui nous a de plus fait utiliser le traghetto) jusqu’à l’un des cinq ateliers de construction de gondoles, celui de M. Tramontin, qui nous a expliqué comment on fait une telle embarcation. De quoi faire saliver les élèves qui ne savaient pas encore que nous allions justement pouvoir tester leur maniabilité à travers des canaux minuscules… Enfin, malgré un temps qui s’annonçait pluvieux, nous avons conduit tout le monde devant un champ de gondoles, que nous avons justement empruntées, à la grande stupéfaction de tous, pour un trajet à travers de minuscules canaux donnant sur des bâtiments qui ne peuvent être admirés (et même souvent atteints) que par ce moyen de déplacement. Bien que clichéique, le tour en gondole est une expérience magique et il y a fort à parier que ce moment restera longtemps gravé dans les mémoires.
De retour sur la terre ferme, nous avons dîné de notre dernier repas à Venise, au restaurant la Valigia, d’un risotto aux légumes et d’une escalope au citron conclus par un gelatto. C’est exténués par cette journée que nous avons retrouvé le car pour un retour bien plus calme qu’à l’aller.
Collège de la petite Camargue
Dans le bateau pour Venise depuis le Lido Di Jesolo
Dans le bateau pour Venise depuis le Lido Di Jesolo
Dans le bateau pour Venise depuis le Lido Di Jesolo
Dans le bateau pour Venise depuis le Lido Di Jesolo
Dans le bateau pour Venise depuis le Lido Di Jesolo
À la sortie du bateau
Dans « voyage scolaire », il y a « scolaire »
Studium
Sur la Piazza San Marco
Sur la Piazza San Marco
Sur la Piazza San Marco
Dans la cour du Palais des doges
Dans la cour du Palais des doges
Bouche de la vérité du Palais des doges
Photo de groupe près de l’embarcadère
Sur la Piazza San Marco
Sur la Piazza San Marco
Qui est-ce ?
Non loin du restaurant la Valigia
Jour 1
Jour 1
Jour 2
Jour 2
Jour 2
Jour 2
Jour 2
Jour 2
La basilique et le campanile de la Piazza San Marco
Jour 2
Jour 2
L’escalier du Bovolo
Jour 2
Jour 2
Vue sur la Grand canal, depuis le Rialto
Dans le bateau, au retour
Jour 2
Jour 2
À Torcello
Bernadette, notre conductrice
Il Signore Trivellato
Dans le bateau privé qui nous a transportés d’île en île
À Torcello
À Torcello
À Torcello
À Torcello
À Torcello
V. Ramos donnant des explications sur la basilique Santa Maria Assunta de Torcello, malgré le bruit d’une tondeuse
À Torcello
Mosaïque du Jugement dernier de Santa Maria Assunta à Torcello
À Torcello
À Torcello
À Torcello
À Burano
À Burano
À Burano
À Murano
À Torcello
À Burano
À Burano
À Burano
À Burano
À Burano
Le poisson du 2 avril : pousser le car pour le faire démarrer
Scuola San Marco
Scuola San Marco
Devant la scuola San Marco
Statue du condottiere Coleoni
Un caffè pris sur la place Dei Santi Giovanni et Paolo
Santa Maria Dei Miracoli
Toujours le Grand canal
Devinez où nous sommes
Boutique de masques de Roberta
Le campanile très penché de Santo Stefano
Devant l’atelier de M. Tramontin
Atelier de M. Tramontin
Des gondoles en préparation
Traversée du Grand canal par traghetto
Traversée du Grand canal par traghetto
Un remake des Oiseaux d’Hitchcock
Pour l’instant, les pigeons sont pacifiques
En gondole
En gondole
En gondole
En gondole
En gondole
En gondole
En gondole
En gondole sur le Grand canal
La seule gondolière de tout Venise
La fatigue se lit sur les visages
2.1.2 [16017]