Collège de la petite Camargue

Le tablier

Le tablier est l’une des nouvelles écrites lors du concours de nouvelles fantastiques.
La nuit venait de tomber et je m’ennuyais. Soudain, j’eus une idée. Pourquoi ne pas aller faire un tour au grenier ?

Je me dirigeai lentement vers un coin sombre de la maison et posai mes pieds sur l’échelle branlante. Une fois le dernier échelon gravi, je soulevai la trappe et entrai dans une pièce sombre, un monde obscur.

J’avançai vers la malle imposante que je connaissais depuis toujours. Pour la énième fois, j’essayai d’ouvrir celle-ci, que je n’avais jamais réussi à crocheter, malgré tous mes efforts, mais qui cette fois ne me posa aucun problème.

Surprise, je reculai. La malle était vide, enfin presque. Un petit tablier était soigneusement plié au fond. Je l’observai attentivement. Il était propre et avait une odeur de lavande. On aurait dit qu’il était neuf.

Tout à coup, une jeune femme passa devant moi ; son visage me semblait familier, mais je n’arrivais pas à y mettre de nom. Elle entra dans un bazar et acheta un joli petit tablier qui ressemblait étrangement à celui que j’avais découvert dans la malle. Puis, sans même m’en rendre compte, je la suivis jusqu’à chez elle.

À l’intérieur de la maison, je trouvai un calendrier qui annonçait clairement que nous étions en mille neuf cent quarante-trois, donc pendant la seconde guerre mondiale. Je compris alors son air mélancolique et je commençai à visiter la maison.

Dans une des chambres, je trouvai un lit d’enfant. Sur celui-ci trônait un mot qui attira mon attention :

« Ma chère Catharina,
J’ai emmené notre bébé chez mes parents, en France libre.
David »

Un bruit sourd résonna. Derrière la porte d’entrée, une voix grave annonça, avec un accent allemand très prononcé, que c’était la police. La prénommée Catharina vint leur ouvrir, le visage livide. Ils entrèrent brusquement et fouillèrent toute la maison.

En revenant du salon, un des hommes fit signe à celui qui devait être son chef en lui indiquant l’étoile jaune qui était dans la poubelle. Les officiers essayèrent de l’emmener avec force. Elle se défendit autant qu’elle le put

Subitement, tout devint blanc, je ne vis plus rien mais j’entendis un cri, le plus horrible des cris, celui de la mort.

Brusquement, j’ouvris les yeux, hagarde ; j’étais dans mon grenier.

Mon grand-père apparut et me demanda :
« Que fais-tu avec le tablier de grand-mère ? »

Je baissai les yeux sur celui-ci ; il était recouvert de sang.

Post-scriptum

Texte de Noëllie Combe et Philippine Fauchier, 4e E. Tous droits de reproduction réservés.


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