Présentation
Le grec ancien est une langue dite paradoxalement « morte » alors qu’elle est plus que vivante :
─ dans notre langue : des mots comme mathématique, géographie ou histoire sont visiblement issus du grec mais il en est de même pour boutique ou ampoule 2 ;
─ dans notre culture européenne commune : s’il ne faut citer qu’un exemple, rappelons que la démocratie est une invention grecque 3) ;
─ dans nos sciences (dont le vocabulaire ne manque pas d’utiliser les fameux « radicaux » grecs).
C’est aussi la plus ancienne langue indo-européenne encore parlée (sous la forme du grec moderne) : cette longévité s’explique quand on sait que cet ensemble de langues 4 a servi à la fois :
─ d’idiome vernaculaire (c’est la langue de plusieurs peuples grecs) ;
─ de langue littéraire et philosophique (qu’on songe à des noms comme Homère, Sophocle ou Platon) ;
─ de langue culturelle (les premières pièces de théâtre, les dieux de l’Olympe, les héros à la gloire impérissable 5 comme Achille ou Ulysse sont grecs) ;
─ de langue véhiculaire 6 : c’était la langue « internationale » du bassin méditerranéen pendant l’Antiquité (Romains et Hébreux la parlaient) ;
─ de langue liturgique 7 : le Nouveau Testament ayant été écrit en grec ancien, c’est dans cette langue que les plus anciens textes chrétiens sont rédigés 8.
De plus, c’est à la civilisation grecque que l’on doit un modèle de pensée s’appuyant fortement sur la raison (le fameux λόγος lógos) : la philosophie, la grammaire, les mathématiques 9, la médecine 10 ou encore l’analyse littéraire 11, pour ne citer que ces disciplines, sont nées en Grèce.
Enfin, le grec ancien n’a pas « seulement » un intérêt culturel : il permet aussi de se frotter à une langue différente de la nôtre. Ainsi, comme le latin, le russe ou l’allemand, il se décline : les noms, adjectifs et pronoms changent de forme selon leur fonction dans la phrase. De plus, il possède une conjugaison riche, très dépaysante pour un francophone ; on y distingue en effet moins les temps des verbes que la manière dont l’« action » qu’ils présentent est mise en scène (ce qu’on nomme l’« aspect »). Ainsi, il n’existe pas de concordance des temps en grec ancien mais il est possible de dire de trois manières différentes « Donne ! » (δίδου, δός et δεδωκὼς ἴσθι) sans que la traduction française puisse marquer les oppositions entre ces formes.
Concrètement, à quoi sert le grec ?
Outres les intérêts culturels, intellectuels et linguistiques qu’on a montrés plus haut, le grec ancien est une langue obligatoire dans le cursus universitaire dit « lettres classiques », qui prépare, entre autres, aux concours d’enseignement du CAPES et de l’agrégation de lettres classiques. Ces deux concours permettent de devenir professeur certifié ou agrégé de lettres classiques, lequel enseigne le français, le latin et le grec ancien au collège ou au lycée.
D’autre part, connaître le grec ancien, à différents degrés, est une option particulièrement intéressante dans d’autres cursus universitaires que les lettres, comme l’archéologie, l’histoire, l’histoire des arts, le droit (surtout l’histoire du droit), etc.
Pour plus de détails sur les débouchés offerts par la filière classique, consulter cette page de l’université Paul Valéry.
Cursus
Le grec ancien ne peut être débuté qu’en 3e, pour une année. Il est possible aux élèves le désirant de poursuivre leur étude de la langue et de la civilisation grecques au lycée, quand l’option y est proposée.
Les collégiens latinistes peuvent étudier les deux langues anciennes en parallèle : débuter le grec ancien ne demande donc pas forcément d’abandonner le latin. C’est cette méthode qui est pratiquée dans notre établissement 12 : en 3e, les élèves peuvent suivre deux heures de latin et deux heures de grec.
D’autre part, il n’est nullement nécessaire d’avoir été latiniste pour étudier cette langue, bien que cela puisse grandement aider à la compréhension de certains traits linguistiques.
Enfin, le grec ancien constitue une option et ne peut remplacer les langues vivantes.
Programme
Le programme de 3e se compose d’un apprentissage grammatical fondamental et permet aux hellénistes d’acquérir une culture grecque axée autour de trois axes :
─ la mythologie ;
─ l’histoire d’Athènes (principalement aux périodes classique et hellénistique, Ve et IVe siècles avant notre ère) ;
─ la vie quotidienne à Athènes.
Rappelons que les élèves, rapidement, savent lire et écrire un autre alphabet que le nôtre, lequel, outre qu’il est à l’origine des alphabets latin et cyrillique, est très utilisé dans les sciences.
De plus, l’enseignement de la langue étant fondé sur l’étude de textes d’auteurs, les élèves sont placés directement en contact avec la littérature grecque antique et peuvent ainsi être directement confrontés aux thèmes et aux mythes fondateurs de notre culture.
Enfin, le grec ancien ne pouvant pas être étudié sans références à la phonétique et l’étymologie, les hellénistes sont amenés à développer des compétences linguistiques que l’on ne pourrait sans cela pas aborder au collège.
Collège de la petite Camargue

2.1.2 [16017]